Ah guindeau, guindeau quand tu nous tiens ! Il faut avoir remonté à la main des centaines de fois l’ancre et sa chaîne, parfois dans des conditions difficiles, voire périlleuses pour apprécier enfin l’aide inappréciable de ce bel outil. Le premier, mécanique avait été échangé contre un quart de veau maison : une belle occasion qui n’avait pas failli (merci François!). Toutefois l’exercice restait physique. Rappelle-toi Nico à Syracuse les 5 fois où il avait fallu remonter l’ancre lors d’un coup de vent dans la baie, car le fond d’algues nous faisait déraper dangereusement. Malgré ton énergie et ta volonté, tu étais resté sur le carreau un bon moment. Il aura fallu, qu’en solitaire, pareille mésaventure me survienne dans une baie grecque avec des rafales tournantes et des rochers tous proches pour que je me décide à moderniser le Mayero en 2008 en faisant poser à Poros un engin électrique.

Amoureux des mouillages sauvages, ce compagnon est devenu indispensable, surtout depuis que nous avons doublé la longueur de chaîne en la portant à 68 mètres pour tenir compte des fonds accores de la Méditerranée. Cette année pour recevoir Nico et sa belle, nous avions particulièrement soigné la préparation du Mayero et nous avions, pensions-nous , épuiser toute la liste des vérifications et des travaux possibles et en particulier tout le système d’ancrage car notre jeune équipage avait émis le désir d’effectuer de nombreuses plongées en apnée. Las ! Dès la première étape le guindeau se met en rideau et toutes mes tentatives pour le dépanner n’aboutissent pas. Nico, d’excellente composition, se propose de remonter l’ancre à la main, ce qu’il fera d’ailleurs très bien dans les jours suivants. Mais il est inutile d’envisager des incursions de quelques heures dans des baies avec de beaux tombants propices à la plongée mais profondes et peu protégées. Du coup je prends contact avec notre ami Spiros à Poros pour trouver une solution : il connaît un très bon électricien et aménagera un rendez-vous. Adieu donc la balade dans les Cyclades et en quelques étapes agréables, parfois ventées et pluvieuses, nous arrivons à bon port pour mouiller dans 10:12 mètres d’eau. Pour clôturer le tout, nous prenons l’orin dans l’hélice et manquons de rater l’opération : seule une intervention expresse de notre plongeur émérite permet de sauver la situation.

L’électricien arrive peu de temps après sur le Mayero : surprise ! C’est celui qui a posé le guindeau il y a quelques années (nous ne l’avions jamais rencontré). Il diagnostique le problème vite fait : le carter du moteur est plein d’eau! Nous démontons le tout mais il a fallu dégager le pont du radeau de sauvetage et tout cela me vaut la reprise de mes problèmes d’épaule. Heureusement Nico sera présent pour la suite… La suite , en ce qui nous concerne c’est le nettoyage de toutes les pièces, la réfection de l’embase du carter avec de l’époxy alu et la commande du joint d’étanchéité et du Sikaflex auprès de Spiros. En ce qui concerne Antonis, l’électricien, c’est la refonte totale du moteur qui était out ! En moins de 48 heures tout est remonté. Vite, nous levons l’ancre, pour rejoindre fissa un beau mouillage en fin d’après midi pour une plongée d’enfer  car il ne reste que 3 jours aux jeunes avant leur départ. Ils auront le temps d’en effectuer deux autres, tout aussi réussies. Ouf ! Dommage de n’avoir pu en faire plus mais les jeunes sont plutôt d’humeur joyeuse et semblent ravis de leur séjour ; ils déclarent apprécier Poros qu’ils ne connaissaient pas ! En attendant un grand merci à Spiros et Antonnis.

Démontage par Antonis Belle corrosion! Réfection de l’embase: moule pose époxy pose du film Pose du Sikaflex


Avis technique de connaisseurs : Obsolescence programmée

Jacques et Chantal ont vécu longtemps autour du monde sur leur Trisbal qu’ils possèdent depuis 40 ans. Je les ai contactés car il avaient le même guindeau (Lofrans Cayman 88 1000W). Pour eux ce matériel par ailleurs de bonne qualité, présente d’inacceptables défauts qui ne peuvent s’expliquer que par la volonté du fabricant d’inscrire son produit dans une obsolescence programmée. Il y a 10 ans ils ont remplacé le joint d’étanchéité en liège du moteur qui fuyait par du Sikaflex et bouché avec le même produit les deux trous de passage des câbles électriques. Nous avons en plus étancher l’embase du guindeau refaite avec le joint de pont avec le même Sikaflex . Nous avons utilisé des bouts de raclettes à joints en plastique pour reconstituer la forme abîmée du guindeau et poser un film plastique sur la surface réparée pour obtenir une bonne finition. Nous n’avions malheureusement pas de « dérochant » pour préparer l’embase avant la pose de l’époxy, ce qui risque à terme de poser problème.