Au début il fallait le faire tamponner à chaque entrée de port et à chaque sortie. Depuis que la Grèce est dans l’Europe la règle s’est assouplie petit à petit, notamment grâce à l’action des associations européennes de propriétaires de bateaux. Depuis l’arrivée de Syriza au pouvoir , il était question de taxer lourdement les bateaux de plaisance quelque soit leur nationalité (jusqu’à 100 euros par mètre). Mais là encore les associations veillaient : en s’appuyant sur la libre circulation des hommes et des biens dans la Communauté, la règle n’a pu être appliquée. Nous étions dans l’expectative… D’autant plus que l’an dernier les dignes représentants de l’état à Nauplie ont refusé de tamponner notre dekpa car disaient-ils cela ne servait à rien. Cet hiver une loi est passée. Plutôt simple: un livret valable 5 ans renouvelable par année était délivré aux bateaux étrangers sur présentation

  • - d’un reçu bancaire prouvant qu’une taxe de 50 euros a bien été payée,
  • - celle du livret du bateau ,
  • - d’une attestation d’assurance en cours de validité
  • - et celle de l’ancien dekpa.

Mais, car il y a un « mais », et c’est là que le bât blesse, il faut aussi montrer son permis bateau. Or, comme chacun sait, à l’instar des britanniques, en France il n’existe pas de permis voile à proprement parlé, sauf pour les professionnels. Seule la conduite des bateaux à moteur est réglementée pour les plaisanciers. Nous savions donc que ce point là pouvait créer une difficulté mais elle n’était pas incontournable : des copains sur leur blog , après pas mal de tergiversations et d’attente, avaient rempli une attestation sur l’honneur précisant que ce permis n’existait pas en France, avaient payé un timbre fiscal de 0,50 euros et l’affaire était dans le sac.
Malheureusement, un poste de police ne fait pas l’autre. Nous nous présentons au port police de Porto Keli un vendredi avec le dossier complet mais sans permis , bien sûr. « Revenez la semaine prochaine à partir du mardi, nous dit-on… ». Visiblement les autorités ne sont pas prêtes et n’ont pas encore les imprimés. Bons princes, nous décidons alors de monter à la voile à notre mouillage pour le remettre en ordre. Et tels l’empereur, sa femme , sans le petit prince, nous nous pointons le mardi suivant au port police pour leur serrer la pince et obtenir notre dekpa. Nous sommes arrivés l’après midi, car il y avait 20 milles à faire et un voilier n’a pas d’horaire. « Trop tard nous assure le planton de service repassez demain… » Le mercredi matin à la première heure, c’est à dire à 8h30, nous, l’empereur, sa femme sans le petit prince, frappons à la porte du port police à nouveau pour leur serrer la pince et donc obtenir satisfaction. D’entrée nous comprenons que cela ne va pas être facile, facile. Les deux policiers de garde, un jeune gentil, souriant, parlant pas mal anglais et essayant de nous dépatouiller et un autre plus âgé, bourru, pas aimable et suffisant jouant le rôle du méchant . Nous sommes les tous premiers à faire cette demande et ils ne maîtrisent pas leur sujet. Ils relisent sans arrêt leurs circulaires et demandent d’entrée le permis. Bien sûr cela bloque : ils ne peuvent pas prendre de décision! Et comme le chef n’est pas là ils nous demandent de revenir à 10 heures. Contre mauvaise fortune, bon cœur nous allons prendre un helleniko skéto (café grec sans sucre) dans un caféneion sympa et en profitons pour relire toutes les clauses de notre contrat d’assurances (cette session se révèle très utile…). A 10 heures, tels l’empereur etc. etc… nous frappons à la porte. Le chef était là : nous lui avons serré la pince et avons osé un sourire et un bon mot mais il ne rigolait pas le chef!Très vite nous avons compris que nous n’obtiendrons rien du tout, sauf le risque de payer une amende 500 euros pour défaut de dekpa. Nous avons beau essayé d’expliquer, de négocier, de faire référence à des solutions possibles, rien n’y a fait. Une dame allemande , présente pour les mêmes raisons que nous mais qui, elle, avait son permis, a bien tenté de nous soutenir sans succés. Le chef a dit et répété « the law is the law and you must have a licence. » Comme nous commencions tous à nous énerver, le chef a fait écrire au policier bourru un mot pour expliquer que nous étions passé mais qu’en l’absence de « licence » il ne pouvait me fournir le précieux document. J’ai souhaité au chef bien du plaisir dans les jours qui allaient venir avec les quelques dizaines de voileux français qui hivernaient dans son secteur et qui allaient bientôt arriver. Du coup, le chef est rentré dans son bureau et a claqué sa porte.Point final. Et vogue la galère ! Zut et rezut ! Saperlipopette ! Scrogneugneu ! C’est peu d’écrire tout cela. En fait moi, l’empereur, je suis très, très énervé et ma femme tente de me calmer (elle a du mal à y arriver!). Illico, nous rejoignons notre annexe, puis notre fin coursier et hop nous décidons de nous rendre à Poros distant de 40 milles. La bas nous attend notre ami Spiros qui nous a réservé une pompe de cale, car la notre est en panne.(En fait il s’agit d’un mauvais hivernage : cette pompe doit être vidée en fin de saison en ôtant les tuyaux et en la faisant tourner à vide, ce que nous avions omis de faire…) Le lendemain nous lui contons notre aventure et il nous promet alors d’aller sur le site internet adéquat pour essayer de trouver une solution. 24 heures plus tard, il nous confirme que ce ne sera pas facile mais nous conseille de nous présenter au port police de Poros sans faire référence à nos déboires à Porto Keli ni à notre absence de« licence ». Prenant notre courage à deux mains (voire à quatre…), après avoir grimpé le long d’un escalier vieillot et emprunté un long couloir sinistre, où tout est écrit en grec, nous trouvons enfin une porte avec la mention « port police ». Nous frappons pas de réponse… Nous l’entrouvrons et tombons sur un autre couloir avec plein de portes. Nous n’en menons pas large. Nous trouvons enfin une porte ouverte sur un pièce ou siègent trois policiers derrière des bureaux en mauvais état et quelques ordis désuets. Quand nous donnons le motif de notre visite, « on » nous demande d’attendre dans le couloir sur un banc inconfortable. Il est 11 heures 05 et nous sommes peu enclins à l’optimisme. Un peu plus , une femme policier nous fait signe d’entrer mais un britannique arrive avec un reçu bancaire pour compléter son dossier et nous voila renvoyé assis mais cette fois ci nous restons dans le bureau. Des hommes en uniforme passent régulièrement dans la pièce pour aller fumer et prendre un café sur la terrasse attenante sans prendre garde à nous. Les deux autres fonctionnaires présents « s’occupent ». Après un moment qui nous a paru assez long, l’un deux se décide à nous prendre en charge. Nous remplissons une demande et présentons tous les éléments en notre possession. Il les compulse attentivement sans faire de commentaires. Nous tendons le dos!Et puis il relève la tête et nous demande « Have you your licence ? » Je prends ma respiration et réponds avec le plus de naturel possible « We are french, no licence in our country ! » « Oh yes, sorry ! Nous réplique t-il avec un large sourire ! »… C’est tout ! Il continue alors à remplir les papiers, fait des photocopies sur une machine antédiluvienne et à 11 heures 55 nous avons le sésame. Il faudra juste le faire tamponner une fois par année c’est valable 5 ans. C’est fait et bien fait. Spiros en voyant notre sourire à notre retour à sa boutique comprend vite que “tout va bene”. Merci Spiros et merci à la compréhension des policiers portuaires de Poros.

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_ Notre ami Henri, fidèle lecteur de ce blog vend son voilier qui est hiverné à Poros en ce moment
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DESCRIPTION :

Modèle GIBSEA 372, construit en 1988. Ce bateau possède 9 co]uchettes (3 cabines à couchage double, 1 couchage double et 1 simple dans le carré). Il a une GV à prise de ris rapide et un génois à enrouleur ainsi qu’un moteur Yanmar 23 CV diesel. Il est équipé du kit de navigation Raymarine Tridata ST50, d’un GPS MLR et de tout le matériel de sécurité. Sa coque ne présente aucune trace d’osmose. Le bateau a peu navigué. Il était utilisé par son précédent propriétaire comme habitation pui|C|PWV0430-0382987.jpg, mai 2017))|/mayero-blog/public/Printemps_2017/bateau_henri/PWV0430-0382987.jpg||

DESCRIPTION : Modèle GIBSEA 372, construit en 1988. Ce bateau possède 9 couchettes (3 cabines à couchage double, 1 couchage double et 1 simple dans le carré). Il a une GV à prise de ris rapide et un génois à enrouleur ainsi qu’un moteur Yanmar 23 CV diesel. Il est équipé du kit de navigation Raymarine Tridata ST50, d’un GPS MLR et de tout le matériel de sécurité. Sa coque ne présente aucune trace d’osmose. Le bateau a peu navigué. Il était utilisé par son précédent propriétaire comme habitation pui]s est resté à terre plusieurs années. Il est en Grèce depuis 2004 et navigue en mer Egée pendant l’été pour des croisières familiales. Il est actuellement à terre pour hivernage à POROS. Pavillon français. A vendre 32000 euros et ce n’est pas exagéré! C’est même une très bonne affaire. Qu’on se le dise Pour plus de renseignement:vous pouvez aller consulter l’annonce complète sur le site annoncebateaux .com à l’adresse suivante
http://www.annoncesbateau.com/display_announce.php?annonce=787185#&xtor=EPR-40-Confirmation_depot-20170504-Visualiser_Annonce