Un italien au quai nous accueille gentiment mais nous avons toute la baie pour mouiller et nous préférons y jeter notre ancre. Les fonds sont clairs et nous y voyons même quelques beaux poissons! Cela y est, nous sommes presqu’au paradis. C’est dimanche et il n’y aura même pas de navette aujourd’hui. La saison ne semble pas encore commencée et les deux magasins de l’île sont peu fournis seulement deux fois du pain par semaine depuis Naxos et il n’y en a plus depuis deux jours déjà. Tant pire, nous avons les pains crétois à bord. Il faut de toute façon arriver ici avant le grand rush touristique surtout sur la voisine Koufonissia où le nouveau port inauguré cette année , va encore intensifier les arrivées des grands bateaux venus à la journée en provenance de Naxos, Paros et même Amorgos
L’hiver entre 100 et 300 habitants résident dans les trois îles de cet archipel. L’été??? Nous n’osons l’imaginer, vu le nombre de tavernas et d’hôtels en sommeil que nous découvrons.
Cette fois nous avons les cartes de rando pour ces petites îles . Lors de nos périples pédestres, nous rencontrons quelques couples de diverses nationalités qui découvrent ces petites merveilles à pied et utilisent le petit ferry quotidien pour changer d’endroit (sauf le dimanche, comme déjà écrit)… Ils ont bien raison et nous en profitons également même si sur Iraklia, les chemins sont plutôt sportifs. En revenant d’une de ces excursions un peu musclées, nous remontons dans le Mayéro un peu fatigués mais le devoir du marin appelle: alors que le vent vient maintenant du large et pénêtre dans le port, la mer s’est un peu levée et “enfer et damnation” après quelques instants à bord nous avons la mauvaise surprise de découvrir que le Mayero tape légèrement (mais quand même!) sur un platier. Ce n’est pas abominable mais c’est fortement stressant. Ni une, ni deux , nous décanillons. L’erreur du capitaine est d’avoir rajouter quelques mètres au mouillage avant de partir,( des fois que…) sans avoir vérifié en plongeant que c’était possible comme habituellement! Bon cela étant, nous n’avons aucun mal à relever l’ancre et à retrouver des eaux un peu plus profondes Nous rejoignons le port principal de Skinoussa distant de quelques milles et comme celui ci est un peu trop chargé, nous mouillons dans une baie sud est pour parer au vent ouest annoncé. Seuls deux jours au mouillage sans descendre: quel pied! Lecture et bains, c’est pas une vie, je vous le dis! Alors nous rejoignons Koufonissia pour avoir l’air de découvrir de nouveaux mouillages et intéresser les amis à nos pérégrinations. Encore une fois peu de monde que ce soit au port que nous délaissons pour le mouillage extérieur que dans cette baie absolument étonnante de l’est même s’il est un peu beaucoup rouleur. Nous profitons des belles balades. L’île est peu accidentée, c’est plus facile de marcher. L’intérêt de cette destination, pour un voilier, c’est la facilité avec laquelle nous pouvons trouver un abri en cas de changement de temps, la proximité des mouillages est réellement une grande aubaine. Une semaine après notre premier passage à Iraklia, le port est plein! Nous retrouvons nos bonnes vieilles habitudes de la mer Ionnienne et mettre un bout à terre à l’extérieur du port encore une fois seuls. Notre préférence à trouver des endroits tranquilles, ne nous empêche pas d’accepter avec plaisir les invites des équipages sympas Nous quittons assez vite ce bel endroit: il n’y a plus de gaz dans la première bouteille et le capitaine a horreur d’être en manque de ce point de vue là. Après tout, c’est lui le cook à bord!

Vent fort annoncé sur les Cyclades: est-ce du Meltem. Il serait bien en avance. Dans l’expectative, nous rentrons tranquillement sur Poros.

__ La salade de pommes de terre__
la salade de pommes de terre de Naxos (ou d'ailleurs!)

”Très facile à réaliser en bateau et vraiment délicieuse en mer alors que votre fin coursier est travers au vent de force 4 /5 avec mer belle à peu agitée… par exemple, mais toute autre situation peut être envisagée ! Pour qu’elle soit parfaite nous recommandons les fameuses pommes de terre de Naxos. Nous en avons même trouvé des bio en sac de 4 kilogrammes. Bon ! Sinon les pommes de terres du Nil, encore enrobées par endroit d’une belle terre noire et que nous trouvons dans le Dodécanèse sont très bonnes aussi… Allez si vous n’avez pas trouvé ces raretés, sachez qu’il en existe ailleurs d’excellentes et qui tiennent bien à la cuisson , sans être farineuses.” Ingrédients:

  • - pommes de terre donc (environ 1 kg pour 4 personnes)
  • - échalotes ou oignons doux
  • - œufs (2 par personne), trouvés à la ferme du coin
  • - vinaigre balsamique (celui de Kalamata est très bon!)
  • - huile d’olive
  • - câpres (les meilleures à notre goût sont celles des Cyclades avec leurs feuilles!)
  • - origan , poivre (et sel si besoin)

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Réalisation:__
  1. . D’abord cuire les pommes de terre à la vapeur avec eau de mer (prélevée en route ou au mouillage bien choisi pour se faire). Selon leur grosseur , couper en 2 ou en 4. Laisser tourner la soupape 3,4 minutes avant de fermer le gaz. 1/4 d’heure plus tard, ouvrir et réserver.
  2. . Couper les échalotes ou oignons en fines lamelles

. Pendant ce temp- là, mettre les œufs dans une casserole pleine d’eau de mer. Couvrir. Porter à ébullition, fermer le gaz et compter 10 minutes. Ôter l’eau et faire refroidir dans plusieurs bains d’eau de mer. Les écailler.

  1. . Couper les quartiers de pomme de terre en fines tranches. Ainsi que les œufs. Il est préférable de servir à l’assiette : commencer par le lit de pommes de terre, rajouter les oignons, assaisonner ; puis mettre les œufs et assaisonner à nouveau. Disposer les câpres sur la préparation.

Remarques : si les pommes de terre sont tièdes c’est, à notre humble avis, encore meilleur. En rajoutant des lamelles de graviera (fromage cuit à base de lait de chèvre ou de brebis), le repas est complet… Les câpres peuvent être remplacées par des olives mais leur goût un peu fort peut être dommageable pour celui plus délicat des pommes de terre.
BON APPETIT