Choisir le bon établissement est relativement facile : il ne paye pas de mine, le mobilier n’est pas sophistiqué et peu moderne ; il n’ est pas fréquenté par les jeunes et les touristes mais seulement par des grecs d’âge mûr et des anciens qui s’invectivent avec force démonstrations gestuelles, jouent au tavli ou restent tranquillement assis des heures à manipuler d’un geste répétitif leur komboloï, sorte de chapelet à gros grains, n’interrompant cette activité prenante que pour saluer les copains … Il y a peu de femmes sauf le dimanche, où des couples viennent passer une partie de la matinée. Il y a de fortes chances alors que vous ayez choisi le café municipal et les prix seront toujours raisonnables. Si le temps ne vous est pas trop compté, tant mieux , car ici rien ne presse et le maître des lieux, en grande conversation avec un des petits groupes présents, ne va certainement pas s’interrompre pour s’inquiéter des nouveaux clients.
siga siga Un beau pays ou l'on prend son temps XIX siècle avant JC, une tête en pierre de lave de Méthana amphores poterie de l'époque mycéenne

  

D’ailleurs de nombreux utilisateurs des lieux ne consomment pas forcément. Après un certain temps, le préposé au service vient voir d’un pas nonchalant. Ne le brutalisez pas, mais attendez-vous à ce qu’il ne prenne votre commande qu’en grec. Comme ce n’est pas encore l’heure de l’ouzo et des mezzés qui l’accompagnent (petite assiette variée de crudités, morceaux de poulpe, fromage, petits poissons frits… selon l’endroit), vous commandez un « elleniko skato ou métrio » (avec ou sans sucre) et vous attendez. Le café grec ne se fait pas comme un expresso à la seconde. Il s’élabore tranquillement en faisant d’abord chauffer de l’eau dans un petit récipient adéquat, puis il faut ajouter le café moulu très fin délicatement et le porter jusqu’à ébullition 3 fois en le laissant refroidir un peu entre chaque étape. Il vous est apporté alors dans une petite tasse épaisse accompagnée d’un verre d’eau. Ne le portez pas à vos lèvres immédiatement , malheureux ! Il est bien trop chaud et il ne va pas se refroidir très vite. Parfois il vous faudra attendre 10 minutes. Prenez donc votre mal en patience et observez donc ce qui se passe autour de vous, l’air de rien : la mouette posée sur la capote d’un bateau de pêche et qui se rattrape régulièrement quand les vagues viennent bousculer l’embarcation ; ou le pigeon insolent qui vient juste sous votre table grappiller quelques miettes laissées par vos prédécesseurs ; ou le marchand de légumes voisin qui remplit consciencieusement le coffre de son tricycle garé de l’autre côté de la rue en apportant à chaque voyage, qui 2 salades, qui un sac de courgettes, puis quelques pommes , puis des oranges et pour finir un petit cageot de pommes de terre… Les voisins de la table à côté vous ont reconnus et vous saluent ! Vous êtes pris par l’ambiance, vous en oubliez même de siroter votre café… Vous maîtrisez enfin le temps qui passe. Vous n’êtes pas encore un pro, mais vous commencez à comprendre l’art de vivre grec.




merci Maria Grazzia pour cette recette italienne succulente Façon Mayero
Le calamar aux petits pois (recette de Maria Grazzia aménagée pour le bateau…)

Prendre un gros calamar pour deux ( c’est vraiment mieux si le poissonnier le prépare…). Le couper en petits morceaux. Dans une cocotte minute, faire une fondue d’oignons , ajouter quelques gousses d’ail coupées en 2, une carotte en petits cubes, du persil ciselé, une petite boite de tomates, du thym, origan, sel et poivre. Faire mijoter après le chuchotement de la soupape une dizaine de minutes. Ouvrir, rajouter le calamar préalablement blanchi dans une poêle avec un peu d’huile d’olive ; rajouter également les petits pois congelés. Fermer la cocotte et laisser cuire 12 minutes après le chuchotement. On peut se permettre de ne pas ouvrir la soupape en fin de cuisson . Ce plat peut bien sûr être réchauffé.