Les voiliers modernes sont conçus pour réaliser de belles marches arrière. Il est fréquent de voir certains bateaux effectuer cette manoeuvre sur des centaines de mètres à belle vitesse en gardant leur cap.

Nous sommes pleins d’admiration et d’envie quand l’équipage néophyte jette son ancre au petit bonheur la chance et réussit même sans erre (*) au départ à rejoindre le quai en culant(**) pour y déposer ses paquets de nouilles qui lui servent d’amarres!
Le Mayéro n’a pas beaucoup de défauts, son équipage non plus, il faut bien le dire. Toutefois, les formes de notre voilier et la position de l’hélice ne prédisposent pas à de magnifiques marches arrière. Si dans les eaux du nord de l’Europe ce n’est pas un inconvénient majeur (la plupart des accostages se faisant par l’avant), en Méditerranée c’est une autre paire de Manche, autrement dit ce défaut devient un vrai casse-tête chinois.
Il est en effet dans les usages du sud de montrer le “cul” du bateau au quai, en s’ancrant par l’avant. De même dans les mouillages forains, il est nécessaire de poser son ancre tout en culant pour permettre aux équipiers d’aller porter deux amarres à terre à l’aide de l’annexe, à charge pour eux de trouver rapidement un olivier bien placé ou une roche stable et accessible. Malgré les bons conseils de ceux qui n’ont pas de problème et qui expliquent qu’il suffit de tenir compte du pas à gauche de l’hélice, de commencer sa manoeuvre bien avant le point d’ancrage, de mettre arrière toute… nous osons avouer que la maîtrise de ce genre d’exercice n’est pas totale.
Chantal et Jean-Marie
(*) immobile
(**) terme marin signifiant allant en arrière
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