Mouilage a DokosToujours a Dokos

Nous avons beaucoup lu: l’Inde, l’Afrique du Sud, les Etats Unis, l’Espagne, Paris secret, l’Afghanistan, … c’est dingue ce que les livres nous font voyager pendant que les éléments se déchaînent à l’extérieur. Et quand nous nous donnons la peine de sortir de nos balades, nous admirons parfois des paysages fantastiques au lever et au coucher du soleil. Des événements, il y en a eu, bien sûr ; balade de conserve avec José sur Anak, puis belles journées avec l’équipage du Xanthos à Porto Rafti puis à Poros. Philippe est arrivé de nuit par bon vent et a fait le canal de Poros à la voile : pas mal surtout de nuit… Il nous a trouvés grâce à des signaux lumineux que je lui adressais. Il récupère tout et quand il achète quelque chose, c’est toujours avec des combines ou des prix inédits .

l'equipage du Xanthos part a terre... ...et revient avec des futs qu'il a trouve

Grand événement en Grèce, les élections ont vu le Passok (parti socialiste ) gagner les élections. Nous sommes allés féliciter des membres de ce parti à leur permanence.

le Pasok a gagne les elections la droite et a terre

Des mouillages formidables ont égrenés notre périple de près de 300 milles (soit presque 10 milles ou plus de 2 heures de navigation quotidiennement, tout de même). Peu de voiliers, surtout après le 15 septembre et surtout des couleurs extraordinaires…

Poros sous les nuages Magnifique Poros mayero a Spetses Arent sort de Spetses mouillage a Ermioni arrivee dans un mouillage inconnu Mayero a Porto Keli Matero a Porto Keli matin pluvieux a Kiladamatin pluvieux a Kilada Kilada toujours...matin pluviex a Kilada coucher de soeil a Kiada Coucher de soleil Kilada suite nous avons vu 3 tortues en memetemps aupres du Mayero

Puis il y a l’inauguration du vieux gréement de notre ami Didier, qui pourtant quelques jours avant, fulminait après son fabriquant de voiles car il ne recevait pas sa commande. Il peut être fier ; c’est un joli canote et je le suis en annexe avec mon appareil photo pour immortaliser ce bon moment. J’en oublie les bateaux au mouillage et à 2 reprises, j’ai failli me les emplafonner. Didier est heureux et nous partageons son bonheur.

Depart de Didier Au grand largue Didier passe pres du Mayero c'est super tres concentre!!! belle etrave Un proprietaire heureux vue de poupe Le voila parti au large avec les mouettes

Et il y a Daniel, notre voisin normand d’adoption, que nous attendons à Kilada un peu plus longtemps que prévu : il a fait un tête à queue avec sa voiture de location sur les routes mouillées. (Les premières pluies en Grèce sont terribles : toute la gomme des pneus, les huiles et la fonte du goudron l’été, rendent les chaussées extrêmement glissantes). Plus de peur que de mal, nous retrouvons notre copain avec une nouvelle voiture. Super repas à bord, parfois en compagnie d’autres solitaires ; nous écoutons Daniel nous parler de ses expériences avec Moitessier, Caradec ou Isabelle Autissier, d’Ushuaia, des Antilles, de voiliers mythiques sur lesquels il a navigué ; nous lui racontons nos histoires de vieux gréements, d’équipages impossibles et de croisières tranquilles… Maintenant, il navigue sur son RM 900, un biquille raisonnable (Résolument Minimaliste) et il écrit des articles dont les sujets concernent les propriétaires, dans la revue « Voiles et Voiliers » ; du coup, je vais peut-être en racheter un de temps en temps ! Il nous fait rencontrer des copains qui partent pour quelques mois sur leur voilier : Jacques Papillon est un photographe qui couvre les principales courses de voile depuis de longues années

Et puis il y a aussi le marchand d’ordinateur qui m’a gardé l’appareil presqu’un mois pour ne pas changer la pile défaillante alors que l’appareil est sous garantie… Il nous a fallu faire 100 milles pour le récupérer et 4 jours de navigation pour cette affaire. Il a eu le culot de nous dire à notre premier contact que lui n’était pas grec et qu’on pouvait se fier à lui (il se dit british, bien que se prénommant Dimitri…) Et il a prétexté une grève pour expliquer ce retard : l’ordi était sous enveloppe à bulle et n’avait jamais été envoyé…

A l’heure où j’écris ce billet sur mon petit carnet, nous passons le canal de Spetses. Nous filons 4 nœuds grand largue, mer belle, vent force 3 de sud-est… Je barre et remplace Chantal qui a veillé sur Mayero depuis presque 30 milles.

Le bateau un peu ardent a tendance à remonter au vent invariablement, malgré mes réglages de voile. Le grand cata derrière nous depuis près de 2 heures n’en finit pas de nous rattraper. Le ferry de l’île nous passe largement sur l’avant, pas d’inquiétude donc… Je peux me prendre au jeu de la course avec le catamaran. Après la première pointe je sais que je devrais mettre les voiles en ciseaux et que la vitesse du Mayero va en pâtir… Bien sûr, mon concurrent d’un jour tente de garder l’allure ¾ arrière et cela lui donne un avantage certain. Patience, patience ; je parie sur le fait qu’avec cette option il va trop se mettre sous le vent de Spetses et qu’il va donc se trouver déventé. Mais n’anticipons pas : pour le moment je reste concentré, c’est si facile d’empanner… 2.8 nœuds quand même. Le cata, maintenant à près d’un mille de moi dans le sud, nous a dépassés. Je ne perds pas espoir et après la pointe suivante, je retrouve le grand largue et les 4 nœuds. Je suis très pris par les manœuvres et j’essaie de gagner encore de la vitesse. Quand je regarde enfin vers l’autre côté du canal, ça y est, le cata est planté. Il tente, malgré tout, de revenir sur nous… C’est trop tard et je le vois maintenant enrouler son génois faseyant. Il se rapproche, c’est indéniable, mais il a son moteur ! Je jubile et emporté par notre élan, je rentre dans la baie de Porto Keli à la voile… Chantal, qui n’a participé en rien à cette petite régate improvisée, me regarde d’un air dubitatif, me traite de « gamin », me déclare tout net qu’à son avis j’ai joué tout seul et, en plus, elle me signifie que mon entrée à la voile ne lui fait ni chaud, ni froid… D’abord je ne jurerais pas que l’autre ne s’était pas piqué au jeu, car il ne nous a même pas salués quand il nous a croisés, et en plus je m’imaginais être à la place des spectateurs éventuels qui découvraient avec ravissement le Mayero sous voiles rentrant dans la baie. Et puis peu importe, j’avais vraiment pris mon pied et comme dit Daniel cette attitude est masculine et universelle..

Je file 4 noeuds c'est gagne . le cata a mis son moteur

Le Mayero sort pour l'hiver