L’automne s’était pourtant bien terminé : pas de gelées et du soleil, Chantal a pu ramasser tranquillement les feuilles dans la cour … Les fêtes de fin d’année ont été très sympas, en particulier à Noël chez Cyrille et Gérald où nous avons pu profiter du confort de leur maison toute neuve… et puis la pluie a commencé avec un ciel bas pratiquement tous les jours et la gadoue est devenue notre lot quotidien sur la ferme. Les champs se sont transformés en vrais marécages et le ru derrière la maison s’est mis à déborder tous les jours. Des vents vicieux ont accompagné certaines averses qui n’en finissaient pas et ils arrivaient à remonter sous les têtières et à profiter du moindre défaut pour infiltrer l’eau partout . Et mauvaise surprise il a même plu sur notre lit… J’ai endigué la fuite dans le grenier avec un vieux pot de chambre. On se serait cru dans un vieux château dont les propriétaires n’avaient pas les moyens de rénover leur toiture… En plus la véranda était pleine de flaques et Chantal essayait en vain d’assécher à l’aide de serpillières… Et puis , à force , nous nous y sommes fait : aussi bien au bruit des grosses gouttes qu’au sifflement du vent. Les voisins, qui sortaient d’une mauvaise grippe sévère ont pris la poudre d’escampette vers le sud avec juste raison. Mais les conditions dans le Massif Central n’ont guère été meilleures… Toutes sorties pour nourrir les animaux se sont soldées par les pieds mouillés (mes bottes fuient malheureusement) et des vêtements trempés. Et malgré tout ce déluge nous avons gardé le moral : il suffisait de se centrer sur notre foyer dans tous les sens du terme : du feu dans la cheminée, de la lecture, des bons films et de la cuisine. Mais c’est grâce à Nico que nous avons trouvé notre rythme. Début janvier, aidé au début par Céline, il a lancé le chantier plancher au premier étage. Trois jours plus tard l’essentiel était fait mais il restait toutes les finitions, l’aménagement de la salle de bain, la pose de lambris dans notre chambre. Du coup, le mois de janvier est passé vite et mon épaule , sans se faire vraiment oublier, a tenu… Après plusieurs mois sans activité, une belle reprise et surtout un beau travail en famille et un beau duo avec Chantal. Un peu fatiguant mais le résultat est là et j’ai la forme. Dehors si la météo ne s’arrangeait pas, les brebis ont commencé à mettre bas. La première n’a pas voulu rentrer plus à l’abri , même avec l’aide d’amis. Si bien que nous avons laissé les autres faire leurs petits . Les agneaux ont appris à se réfugier dans la bergerie seuls pendant les plus fortes pluies et à sauter par dessus les rigoles. C’est un plaisir de les voir s’ébattre aujourd’hui qu’il y a un peu de soleil. Il n’empêche , chaque fois que nous allons les nourrir la gadoue se colle aux bottes et les flics flacs que nous faisons à chaque pas nous rappellent que nous sommes encore loin du temps sec. Consolation de ce temps doux : beaucoup d’oeufs et un jardin encore généreux puisque les légumes n’ont pas gelé (une première à cette époque à Ravent!). Depuis quelques jours miracle ! Nous avons des éclaircies. Philippe et Catherine ont repris le jardin en main. Catherine a curé les gouttières et nous avons fait un peu de bois. Il en reste un paquet à faire et nous attendons des vrais jours d’hiver pour s’y mettre. Mon épaule tiendra !