Les champs sont hersés depuis plusieurs jours déjà et une belle ondée avant hier est venue à point nommé pour lancer la pousse d’avril. La cidrerie est en ordre; Philippe et Catherine ont bien remis les jardins au diapason avant de partir pour la semaine; le premier veau qui ne voulait pas manger a décidé de s’y mettre et sa mère après plusieurs jours sans têtée a toujours du lait. Il y a longtemps déjà que des poussins sont nés et gambadent à l’extérieur mais ce matin j’ai à nouveau entendu dans mon bureau les piaillements d’un petit nouveau sous la couveuse et en allant nourrir les bêtes à 7 heures au lever du jour, j’ai eu la bonne surprise de découvrir un deuxième veau. Quel chanceux : naître un jour si ensoleillé et qui plus est assez doux est plutôt agréable. Je l’ai isolé avec sa mère dans un pré tranquille. Mon petit tour des champs s’est de ce fait prolongé mais j’ai vraiment pris plaisir à m’imprégner de l’explosion florale, des chants des oiseaux et de leurs cabrioles. Les chevaux sont venus me saluer et sont partis dans une série de câlins mutuels sans fin. La chienne qui a voulu m’accompagner en aurait oublié ses rhumatismes si la rosée ne lui avait rappelé ses douleurs. Ensuite j’ai pris mon temps pour nourrir la volaille, les deux têteaux que nous avons acquis il y a une quinzaine et les brebis qui, cette année, ont décidé de faire grève pour les agnelages (en fait c’est plutôt le blin qui n’a pas fait son boulot). Il nous reste une semaine pour profiter de notre petit coin de paradis même si la liste est encore longue pour être totalement prêt pour notre migration annuelle vers le sud. Mais le Trafic est opérationnel et quasiment chargé et tout le travail de peinture dans la salle et la mezzanine est quasiment terminé. Quel chantier: un mois pour déménager, protéger les sols et les murs, monter les échafaudages, masquer, peindre et repeindre, démonter les radiateurs et les remettre en état . Mais notre opération éclaircissement des pièces est en bonne voie de se terminer.