14 septembre donc! Les arbres perdent leurs feuilles et les fruits pas encore mûrs tombent des arbres : à se croire au milieu de l’automne. En l’absence de mes voisins j’arrose le jardin tous les jours. Chantal abreuve les plantes, surtout depuis que notre belle véronique a grillé en 48 heures.
J’ai mis du foin aux bovins depuis quelques jours et je crois bien que je vais être obligé d’en faire autant avec les moutons d’ici peu. Au repos forcé aujourd’hui tout comme la veille, suite à une infiltration dans l’épaule qui est devenue alors très douloureuse et qui m’a tenu éveillé toute la nuit. Il y a une liste des travaux à réaliser avant notre départ sur le Mayero, une liste longue comme le bras … mais je suis réduit quasiment à l’impuissance avec ce problème… Il reste moins d’une semaine… Le final risque d’être sportif, sans doute aurais-je besoin d’être épaulé. J’ai biffé toutes les lignes de mon carnet navette bateau-maison, mais je dois encore charger toutes les batteries, rassembler le matériel et le vérifier et m’occuper de moi, ce qui n’est pas une mince affaire.Chantal refait les sacs à drisses du Mayero avec de la belle batyline grise qu’il a fallu commander, après avoir réparé la manche à air si indispensable à bord. Il restera la protection de la table à cartes. Mais je ne crains rien, elle assure !

Je suis sidéré par la rapidité avec laquelle le temps a passé depuis 10 semaines et à la fois j’ai la forte impression que la période des foins qui a marqué le début de notre séjour est vraiment très éloignée. En fait, il n’y a rien d’étonnant à cela : nous avons été bien occupés et toute cette période a été riche en événements ! Il se passe toujours quelque chose à Ravent.

  • D’abord les amis et la famille : hier c’était quasiment le premier jour depuis notre retour début juillet où nous n’avions personne pour participer un de nos repas quotidiens . Encore faut-il moduler le propos en signalant tout de même qu’ en fin d’après midi, Stéphane et Monella ont partagé l’apéro avec nous. J’aime bien quand nos amis nous surprennent en nous faisant la surprise de venir à Ravent : cette année fut riche de ce point de vue avec Jean, nos amis grecs, Stéphane, Nicolas, Natacha et tous les autres.. Quel plaisir de partager de bons moments avec tous ceux qui ont choisi de croire à notre disponibilité, ce en quoi ils ont eu bien raison. Et certains d’entre eux ont même osé prolonger leur passage quelques jours nous ont donné un coup de main. Ainsi grâce à Céline et Christian nous avons pu repeindre tous les poteaux du chemin et ce fut un travail de titans. Alban , le petit fils , s’est familiarisé avec la conduite du Renault 86 et il a géré seul la remise en état de 7 hectares avec le broyeur après le passage des bêtes ce printemps. Nicolas a aidé à rentrer les foins. Robert et Zouzou ont ramassé les mûres et les noisettes.
  • La cidrerie est en ordre : j’ai mis le pommeau en bouteilles et j’en ai nettoyé près de 150 à capsules pour mettre le jus de pommes à l’automne… avis aux amateurs !
  • J’ai libéré hier les 5 pintades femelles que grandissaient en cage : pas de difficultés pour qu’elles rejoignent les mâles restants. Ainsi nous pouvons croire qu’au printemps nous pourrons élever une nombreuse descendance de ces volatiles grâce à la couveuse.
  • Le troupeau ovin s’est enrichi de deux nouveaux pensionnaires : à l’instar de l’année précédente, je me suis rendu avec Alban chez Raymond à Hauteville la Guichard dans la Manche pour acheter un petit blin et une gerse suffolk de toute beauté . C’est toujours un grand moment de revoir Raymond, qui à près de 90 ans gère encore son troupeau et son jardin avec tant de maitrise. Un exemple pour nous les jeunes ! J’y crois, j’y crois !
  • Avec Céline et Nicolas j’ai repris en mains les chevaux et en particulier l’attelage. A tel point qu’il a fallu acheter des hipposandales à Fiona dont les pieds s’étaient considérablement usés lors de mes nombreuses balades en juillet. Ce système permet d’éviter le ferrage. Il a fallu moins d’une semaine à la jument pour s’habituer à ses nouvelles chaussures! A noter que mes souliers valent bien moins chers que ceux de ce (bel) animal , mais il est vrai que je n’ai que deux pattes.
  • Philippe bien assisté de Catherine et Celine nous a préparé un jardin d’enfer. S’il y avait quelques retards cette année dans les récoltes, nous préparons depuis une dizaine les réserves d’hiver sous forme de conserves de fruits et légumes et de sacs sous vide à congeler. Il y a deux jours nous avons eu la plus petite récolte de haricots de ce mois: seulement 3,4 kg. Rentrez vite les voisins, nous sommes envahis ! Et cela commence à me donner des cauchemars. Déjà que mon sommeil est assez léger, je n’ai pas besoin en plus de me noyer dans les rames fabaceae
  • Olivier travaille depuis un mois et demi à la deuxième tranche de travaux de ravalement de façade (seulement celles de la maison et de ses dépendances, malheureusement il n’a pas encore le pouvoir de nous rajeunir) . Il a fallu monter et assurer des échafaudages incroyablement hauts pour lui permettre de réaliser son travail. Sa présence et son bonheur de vivre a largement participé à la réussite de ce bel été. Il va falloir retrouver des travaux pour l’an prochain.
  • Daniel le mécano et son gendre passent assez régulièrement pour tenter de réparer un de nos tracteurs , tombé en panne juste avant de rentrer les grosses bottes à la mi juillet . Il n’est toujours pas complètement remis en état. Je l’ai démonté avec l’aide de Philippe et en fonction des demandes du pro, j’ai couru un peu partout pour trouver les pièces. Le moteur a été démonté deux fois avant que notre intervenant de choc comprenne que le problème venait du volant moteur dont les vis s’étaient desserrées. Il devient urgent qu’il soit terminé car il encombre la grange et je dois rentrer des grosses machines à bois demain soir. Normalement tout sera fini cette nuit, mais je croise les doigts, je touche du bois, je ne parle pas au conditionnel et j’évite de passer sous les échelles… Daniel est peu fiable sur ses engagements horaires et oublie même d’avertir quand il ne vient pas ! Par contre il convient d’être présent quand il intervient à la maison. Pas facile de s’organiser dans ces conditions. Je suis pourtant rompu à ces pratiques de travail en Méditerranée. Mais je n’ai pas encore atteint la sagesse en ce domaine.

Enfin il y a toujours le souci de l’assainissement qui n’a pas été installé selon les règles et qui nous empoisonne la vie depuis plusieurs années. Des heures passées à retrouver les documents et à travailler derrière l’ordinateur pour constituer un dossier solide, à se rendre à des rencontres sans nombre avec des gens de toutes sortes pour négocier, se renseigner, être défendu, obtenir « des papiers indispensables ». C’est usant et nous avons la nette impression de ne pas voir la fin du tunnel… Mais en attendant toutes ces démarches prennent la tête et rallongent le temps. Bref comment avons nous pu rentrer tout cela dans ce laps de temps relativement court ? Et encore… je n’ai pas tout abordé : il aurait fallu s’étendre largement sur la fête à Ravent en l’occasion du 90ème anniversaire de la grand-mère de Cherbourg , faire partager tous ces petits moments formidables autour d’un petit café le matin vers 11heures, sous un parasol installé devant la maison, sur toutes ces allées et venues pour surveiller l’eau des bêtes ou chercher le courrier.. Quand j’écris que c’était un super été, il faut me croire !

Le 16 septembre, fin de l’été  : il pleut depuis 2 jours et il fait 15°. Pas d’arrosage et les champs commencent à reverdir, il était temps !

  • Daniel, le mécano est venu finir le tracteur le soir prévu. Comme quoi, il ne faut jamais désespérer ! Hier j’ai donc pu sortir notre bel engin de sa gangue, et j’ai passé la journée à tout nettoyer et ranger dans la grange.
  • Le soir, avec un 20m3 à hayon, j’ai rejoint Nicolas avec Stéphane pour rapporter à Ravent les machines à bois. Ce matin tout était en ordre. Il ne reste plus qu’à ranger les bottes de foins pour mettre le matériel à l’abri. Je n’aurai pas le temps d’épandre le fumier… Dommage. Mais l’essentiel est fait avant notre migration saisonnière.

OUF ! L’automne peut arriver !