Après une petite sieste on part sur une rando que la tenante du camping nous a conseillé, 7.5km pour 650m de dénivelé - ça semble pentu - surtout que les 2 premiers kilomètres se font sur route au niveau de la mer, effectivement ça tient quasi de l’escalade, les rochers sont glissants et les mousses et herbes ultra gorgées d’eau, les chaussures waterproof couvrent entièrement leur office - les pieds restent au sec, la piste est perdue en arrivant à une vieille cabane - il ne manquait pourtant pas grand chose pour être au sommet - tant pis on rebrousse chemin, la descente n’en est pas moins ardue et les glissades vont bon train, un filet d’eau longe le sentier et c’est enchanteur, en passant dans un sous-bois de conifères nous tombons sur la poule aux oeufs d’or - le trésor de Racam le rouge - la corne d’abondance - ou plus exactement des dizaines de cèpes de bordeaux profitant de la mousse onctueuse, sans retenue nous ramassons une vingtaine de petits bouchons, de retour à la hutte - 3h15 de rando dans les jambes - nous profitons du rayon de soleil pour nettoyer notre trophée et le proposer en partie à un couple d’allemands qui semble ravi, puis Camille cuisine le reste - revenus a l’huile d’olive avec du riz - succulent, ce soir le soleil nous gâte et les nuages s’associent aux teintes orangées pour rendre les fjords encore plus beaux, on ne le niera pas - le soleil en vacances ça change tout !

Nature fluorescente Jolis points de vue sur le Sognefjord en randonnée détail des bords du Sognefjord Récolte de cèpes dans un sous-bois de pin au détour d'une rando Soirée ensoleillée à l'embouchure du Sognefjord Ciel au crépuscule

Jour 13 - réveil sous la pluie fine, encore, traversée du Sognefjord en ferry - service de transport très développé pour éviter des détours au fond des fjords de plusieurs dizaines ou centaines de kilomètres, les norvégiens qui attendent dans la file de voiture derrière nous que le ferry revienne frappent à la portière : tourists ? Whales overthere !, on sort le nez de nos bouquins rejoignons le parapet et découvrons une douzaines d’ailerons qui font surface régulièrement, le ferry avant nous s’était dérouté pour s’en rapprocher, même si le spectacle est assez lointain c’est vraiment génial, évidemment après cet épisode nos yeux sont verrouillés sur les eaux du fjord, et au détour d’une crique nous retrouvons des ailerons beaucoup plus petits, en longeant le fjord - le plus long de Norvège (204km) avec des ramifications en nombre - nous tombons sur un petit coin de paradis ensoleillé - mix entre un port une plage et un parc calme et retiré - on retrousse nos bas pour s’enfoncer dans l’eau translucide jusqu’aux genoux - puis retour sur les bancs au soleil avec nos bouquins, le temps se couvre on rejoint Balestrand, ville charmante avec un panorama magnifique : devant les fjords - derrière la montagne enneigée, le camping est tout aussi charmant et nous projetons d’y passer quelques jours car c’est un point de départ de plusieurs randos, d’ailleurs d’un point de vue général les extérieurs norvégiens sont incroyablement propre : tous les jardins et parcelles autour des maisons semblent tondus comme des greens - les massifs fleuris comme des jardins anglais - les maisons en bois toutes bien peintes - les centres-villes propres - les toilettes publiques chaleureuses et toujours nickelles, le riz au saumon préparé dans la cuisine commune du camping nous réchauffe avant une nouvelle soirée humide.

Les nuages jouent dans les fjords Côtes tranquilles Un coin de paradis sous le soleil Contemplation sur la plage

Jour 14 - Réveil humide encore une fois, le froid et la pluie ne sont vraiment pas engageant et nous décidons d’attendre du mieux avant de nous engager sur une rando, depuis notre arrivée la majeure partie des campings présentent la météo pour les sept jours suivants via une impression depuis un site internet - depuis notre arrivée cette météo est toujours la même : les 4-5 prochains jours seront moches et pluvieux mais après il arrêtera de pleuvoir et le soleil reviendra - sauf que nous n’avons jamais eu le droit a ces beaux jours parfois quelques éclaircies tout au plus - ça limite réellement nos envies de profiter des nombreuses randos que procurent la Norvège, nous partons donc vers le centre de Balestrand a glaner quelques belles perspectives autour de l’église en bois officiellement construites pour les touristes - mais belle quand même - des maisons - jardins - port et vues sur le Sognefjord, et puis nous nous laissons tenter par une visite de l’aquarium des espèces du fjord - saumons - lieux - plies - araignées - homards - ou autres vieilles se dandinent dans quelques aquariums - rien d’extraordinaire - la pêche au carrelet est tout de même bien mise en valeur au sein même du port avec trois filets horizontaux a remonter - nous aurions pu nous nourrir avec ma petites douzaine de friture, le moral n’est vraiment pas au beau fixe et pour remonter le moral des troupes nous nous offrons un resto comme chez mémé, nous sommes accueillis dans la maison du couple - une espèce de brocante/salle d’exposition de leurs propres oeuvres - on se balade et nous y sentons bien - encore une fois le contact avec les autochtones y est des plus sympathique - la carte nous propose des plats typiques excellents : reendeer stew (ragout de renne) et Granma meatballs, on finit la journée en buvant le thé au dernier étage du restaurant : un solardom - espèce de serre de verre - est posé sur le toit - il pleut mais c’est quand même canon la vue sur les montagnes et le fjord en 360°

La pluie arrive Le fjord pousse à la contemplation Calme Solardum sur Balestrand

Jour 15 - hier nous avions espéré rejoindre en voiture fjaerland - après quelques kilomètres nous avions rebroussé chemin à Djuvik en comprenant que la liaison en ferry jusqu’à cette ville n’était proposée qu’a partir de Balestrand et que la tentative de la rejoindre par route n’était pas vraiment envisageable - les fjords ont la fâcheuse tendance a proposer des routes qui serpentent et vous ajoutent facilement quelques dizaines de bornes, c’est donc plein d’aplomb que nous nous sommes présentés en pietons devant le ferry pour fjaerland tôt le matin, 1h40 de traversée au milieu des fjords pour rejoindre cette bourgade au fond du fjaerlandfjord, afin de perpétrer son attractivité touristique perdue depuis la construction d’un tunnel avoisinant les quelques locaux ont transformés leurs bâtiments en comptoir a livre, les granges - cafés - bibliothèques - hangards déversent leurs milliers de livres pour quelques dizaines de couronnes (quelques euros), nous nous refugions dans la véranda d’un vieil hôtel avec vue sur le glacier - au chaud - avec boisson chaude et soupe - pendant que cela ruisselle dehors, les bouquins sont vite dévorés en ce moment, la ville est vraiment charmante, au retour nous sortons une nouvelle fois nos meilleurs compagnons en regardant le ciel menaçant : nos livres et nos jeux de table - les bâtisseurs et Augustus

Le thermos de thé est chaque jour apprécié pour se réchauffer Sous la pluie et au froid, mais heureuse Jeux de reflets Les morts reposent en paix… Fjaerland, la ville aux livres Rat de bibliothèque Au chaud pour bouquiner La pluie arrive

Jour 16 - Nous partons a regret de Balestrand sans avoir pu faire une rando - pourtant le lieu s’y prête particulièrement bien avec des cotes bien raides et des points de vue qui semblent magnifiques - ce sera pour la prochaine fois, le ferry nous amène a Vangesnes - malgré notre obstination a observe le moindre ailerons et notre imagination débordante à imaginer des pirouettes de baleines a travers des cercles de feu nous n’en avons vu aucune, nous découvrons notre première église en bois authentique a Vik, entièrement recouverte d’une espèce de goudron - ses formes acérées noire en fond un bâtiment austère et l’intérieur sans ouverture ne fond pas ressortir les belles essences de bois, installée sur une butte avec quelques tombes - entourée de prairies bien vertes le point de vue sur le fjord est superbe, on s’enfonce ensuite et prenons de la hauteur pour traverser le haut-plateau quasi enneigé, les averses et éclaircies font ressortir toute une palette de couleur jaune-verte-grise sur cet étalage de petits lacs ruisseaux rochers et prairies, la voie bitumée limitée par la peinture blanche et jaune se cache et se découvre parmi cet amas enneigé la majeure partie de l’année, plusieurs lacets serrés se suivent pour nous descendre jusqu’à une nouvelle vallée - ce sera notre mini-route des trolls puisque nous ne montrons pas suffisamment au nord pour l’emprunter, la route s’encaisse brutalement et nous voilà arrivés dans le fjord le plus étroit : Naeroyfjord - la claustrophobie de Camille surgit soudainement - Nico a l’inverse du vertige jubile, un détour sur une toute petite route nous permet de longer ce fjord sur quelques kilomètres - rencontrer deux poneys des plus adorables et grimper quelques centaines de mètres pour mieux saisir cette prouesse de la nature, pas de doute nous sommes ailleurs - dans un coin magique, quelques kilomètres de tunnels nous amènent a Flam - haut lieu touristique que les croisières d’immense ferry choisissent pour faire une halte et déverser leurs milliers de bipodes a travers les trois maisons du village, les bus prennent le relais pour organiser les visites a la journée à moins qu’ils s’agglutinent dans le vieux train pour faire l’aller-retour 20km plus loin 800m plus haut en traversant parois abrutes - tunnels creusés a la main - et magnifiques vallées et cascades (une halte pour voir la kjosfossen), en réservant le dernier train du jour a la tombée de la nuit nous avons évité ce flot oppressant et jouis de wagons vides a l’intérieur boisé très chaleureux, cette liaison qui relie la principale ligne ferroviere du pays Oslo-Bergen afin de désenclaver le fjord a été creusée au début du siècle a même la roche de main d’hommes - et la pente continue de 5% est une véritable prouesse, la bière est particulièrement chère dans ce pays mais la brasserie locale se devait d’être visitée - surtout quand elle se revendique viking avant tout ! nous poussons le vice jusqu’à déguster deux hamburgers-vikings avec nos bières - c’est un véritable délice - et le lieu avec sa fosse cerclée de banc autour de la grande cheminée sublime un peu plus ce lieu savoureux

Au fond du fjord, la plaine agricole Toit végétalisé au soleil Cheptel libre… et bien tranquille Descente vers le fjord le plus étroit de Norvège Majestueux Naeroyfjord La pluie Belle nature Croisement de train Chef de gare… à la mode ancienne Descente sur Flam, en suivant un tracé sinueux le long du fjord

Jour 17 - Le camping de Flam coincé entre deux routes n’était pas particulièrement intéressant, départ vers Aurland, le panneau boulangerie/café nous stoppe dans notre course et pouvons apprécier au chaud quelques friandises avec boissons chaudes nous empruntons ensuite la route des montagne pour rejoindre laerdal, le plus grand tunnel de Norvège (24km) nous aurait permis d’éviter la voie longue et inaccessible l’hiver mais cette Aurlandsvangen est magnifique, nous prenons d’abord de l’altitude pour nous offrir des panoramas rêvés du Naeroyfjord, puis on s’enfonce dans les nuages avec seulement quelques moutons comme compagnons sur la route pour déboucher ensuite sur un haut-plateau sec et minéral pas un arbre pas une maison que des cairns a perte de vue pour signaler les nombreux chemins de randonnées, le temps est très instable et nous attaquons la descente vers Laerdal, ville connue pour ses 600 anciennes maisons en bois qui forme le gamle laerdalsoyri (centre-ville), marche entre ces édifices bien entretenus, puis découverte d’un musée sur le saumon l’autre point fort de la ville située a l’embouchure de la rivière laerdalselva - où l’on retrouve 80% des alevins de saumons du fjord, cette rivière est un haut lieu de la pêche sportive depuis 200 ans où les anglais avaient déjà flairé la bonne affaire, le musée retrace parfaitement le cycle de vie du saumon appuyé par un film très instructif, nous sommes desormais au fait de la pêche a la mouche - au filet ou au piège, c’est assez étonnant de se rendre compte qu’en 1850 le tourisme existait déjà a la fois pour la beauté de la vallée de cette rivière mais aussi pour la pêche sportive, réflexion sur le type de consommation que nous devrions avoir : saumon sauvage ou de ferme ? Traqué dans la mer du nord par les chalutiers ou élevés dans des filets et sur traités pour éviter les maladies ? Une partie du musée denonce clairement les fermes marines qui polluent et développent des bactéries mais surtout perdent des millions de poissons qui viennent ensuite décimer les alevins des saumons sauvages et détruisent leurs territoires, en observant les escaliers artificiels pour capter quelques saumons nous observons notre second vison en Norvège - car ce n’était pas une belette comme nous pensions au début du voyage, la route historique serpente sur le long de la rivière que nous remontons jusqu’à Borgund, demain nous visiterons l’église en bois et prendrons nos chaussures de marche pour une bonne rando, mais ce soir c’est hutte pour recharger les équipements électriques et les accus de chaleur de nos petites personnes.

Beau panorama sur le Naeroyfjord Beau panorama sur le Naeroyfjord Je suis fier d'être un mouton norvégien ! Sur les hauts plateaux, dégagés quelques semaines de l'année vue du haut-plateau Paysage de haut-plateau Rue de gamle laerdalsoyri (Centre-ville de Laerdal) Détail urbain Musée du saumon Les rudiments de la pêche au saumon sont désormais bien acquis Reflet sur gamle laerdalsoyri (Centre-ville de Laerdal) Laerdalselva, la rivière aux saumons Installations pour les pêcheurs Préparation de l'itinéraire du jour suivant