Zut et zut, cela fend le cœur de foutre en l’air cette si belle allée couverte sur cette petite route vicinale.
Mais les élections approchent et les paysans locaux ont du râler auprès de leurs édiles pour faire passer leurs tracteurs et immenses remorques. Nous allons obtempérer bien sûr mais je suis décidé , avec l’accord de la communauté, d’interpeller le maire et son conseil municipal de cette commune attenante à la notre, pour leur faire connaitre notre désapprobation. Ce ne sera pas la peine d’ailleurs d’envoyer une lettre, le bourgmestre local qui passera en voiture lors de notre chantier et qui s’était arrêté pour nous remercier de notre diligence, aura notre point de vue en direct. Nous nous entendons bien par ailleurs mais c’était mieux en le disant… Bon nous n’en sommes pas là, nous avons la lettre en mains et il va falloir résoudre le problème. Presque 5OO mètres à élaguer, ce n’est pas une mince affaire. Et nous n’avons guère envie d’y passer un temps infini. C’est sur une route et par un hasard malencontreux , cette voie peu fréquentée d’habitude sert de déviation à tous les habitants du patelin voisin, car de grands travaux sont en cours (tiens c’est bientôt les élections…). Conciliabule dans la cuisine des Catherine et Phil autour d’un café: il n’y a pas, il va falloir faire appel à un pro pour couper les branches , dont certaines sont très hautes. De plus, Je propose de faire appel à nos incontournables Robert et Zouzou pour nous aider: non seulement il viendront renforcer la main d’oeuvre pour libérer la route au fur et à mesure, couper les branches, garder les plus grosses sections pour faire du bois et brûler les branchages fissa avant la nuit, mais en plus ce sera plus sympa. Les amis sont d’accord, le pro est disponible rapidement car les champs sont trop imbibés d’eau pour qu’il puisse y travailler… Rendez vous pris par un petit matin humide de février. Robert a revêtu sa tenue de travailleur visible à des kilomètres, avec sa belle tronçonneuse il est beau comme un camion. En outre il renforce le côté pro du chantier. Le gros tracteur de l’entrepreneur, bien emmitouflé dans sa cage de protection, effectue plusieurs passages avec la machine à disques . Le bruit strident de la scie fait grincer les dents mais en moins de deux heures le travail est effectué. La route est vite recouverte et entre chaque aller retour, il faut se dépêcher de la dégager. C’est sportif! Ensuite je rassemble en tas les tombées sur le talus. Philippe et Robert à l’aide de leurs tronçonneuses, récupèrent les grosses sections, pendant que les filles trient en gardant le maximum (Catherine veille…). L’après midi grand feu : c’est spectaculaire mais le vent porte bien. Beaucoup d’automobilistes sont obligés de s’arrêter. Aucun ne s’impatiente, bien au contraire beaucoup en profitent pour tailler une petite bavette.
Avant la nuit tout est terminé. Le feu ne présente plus de danger, le bois est ramené à la ferme et le sourire est de mise. C’était vraiment bien d’être ensemble un peu en dehors du temps , Si près de chez nous, c’était l’aventure: nous étions les maîtres de la route