Le cidre est sous tiré et il était encore à 1032 le 10 janvier. Nous ne sommes pas prêts de le mettre en bouteille. Hier , journée ordinaire à la ferme avec un temps ensoleillé pour une fois. Une accalmie très brève entre deux belles tempêtes… Le matin Philippe a soigné la Malade, une vache qui malheureusement porte bien son nom. Mais bonne nouvelle : la partie nécrosée du pis est enfin tombée. Deux mois d’efforts avec toutes sortes d’interventions pour avoir enfin un résultat. Nous croisons les doigts pour que la cicatrisation se fasse vite. Nous avons terminé avec Philippe, l’élaboration des râteliers et des portillons des brebis , avant de les rentrer pour l’agnelage. Pas une mince affaire mais le travail en atelier est des plus agréables Et bonne surprise la première brebis nous a fait deux magnifiques agneaux dans l’après midi; sans doute attendait-elle la fin des travaux de son trois étoiles!!! Nous avons observé le premier veau de l’année et la Blanche , sa mère. Notre surveillance ne peut se relâcher car la vache a encore des pertes rouges… Nous avons nourri les bovins après avoir remis la paille et passé un coup de rabot sur leur aire bétonnée. Fin d’après midi, j’ai attelé la remorque pour ramener une trentaine de petites bottes de bon foin pour les bêtes sous abri; plus faciles à manier que nos grands rouleaux de 250 kgs. J’avais encore plein de brindilles de foin et de paille dans les cheveux le soir. J’ai ramené un stère de bon bois de pommier près de la maison. Nos réserves dépassent maintenant les 20 stères… . Les jardins sont retournés. L’hiver ne tardera plus et nous sommes prêts .(Il se fait vraiment attendre…) Je suis bien ici, même si mes tendinites se réveillent après tous ces efforts et ce temps bien humide… Beaucoup de travail et d’imagination pour maintenir les champs et les bâtiments en état et de nombreux projets en tête, toujours plus prenants que l’ennui… J’aime cette dualité entre la mer et la campagne. Cette obligation à rester en éveil de façon quasi permanente, cette nécessité à anticiper au maximum pour ne pas être débordé aux moments les plus chauds me remplissent la vie et c’est bien. J’ai plus de mal avec les comptes, les déclarations et les contrôles obligatoires de plus en plus prenants pour suivre le cheptel et les finances de la ferme, mais Chantal et Philippe m’aident bien. Et le sourire et la bonne humeur des clients et copains qui viennent chercher leur viande, miel , cidre, pommeau et jus de pomme à la ferme, font oublier ces petits tracas. Pourvu que cela dure.

”Nous venons d’acheter un champ que nous louions jusqu’ici. Nous en reprenons encore pour 5 ans minimum (c’est le contrat quand on achète des terres agricoles comme exploitant.) De quoi s’occuper encore un moment. ”