La catédral a été bâtie en lieu et place de la mosquée au XVéme pour bien prouver la supériorité des chrétiens. C’est une des plus grande du monde et à l’intérieur cela se ressent: nous avons été littéralement époustouflés par cet immense architecture. Pour découvrir les voûtes finement ciselées, il faut suivre des colonnes qui n’en finissent pas de monter, et là surprise nous apprenons que ces extraordinaires réalisations sont celles de l’ancienne mosquée… Remis assez difficilement du choc de cette première prise de contact, nous poursuivons la visite de cet immense bâtiment: les grandes orgues, des alcôves renfermant des tableaux et des sculptures de maître comme Murillo et Zurbaran, des trésors en ivoire, en argent et en or, … Nous n’apprécions pas trop cette débauche de richesses et de tape à l’oeil qui prouvent à l’évidence et encore une fois que l’église est loin des voeux de pauvreté et de justice qu’elle prônent par ailleurs. Il est bon de rappeler qu’au moment où Séville qui accueillait les bateaux chargés d’or pillés aux Amériques, l’inquisition régnait sur la ville. Il était de bon ton pour tous ces nobles et aventuriers qui avaient beaucoup à se reprocher d’acheter une bonne conduite et de sauver ainsi leur vie , à défaut de leur âme, en faisant des cadeaux de valeur aux représentants de l’église. Dans une des absides se trouve le tombeau de Christophe Colomb, hé oui celui là même qui “découvrit” un nouveau continent. Il est temps de trouver La Giralda dont l’entrée discrète se trouve à gauche du choeur. Cette tour , qui date du XIIéme, est d’une élégance rare. Cheminer le long des pentes qui permettent d’accéder à son sommet en s’arrêtant à chaque fenêtre pour découvrir Séville petit à petit, est une expérience formidable. La découvrir de nuit depuis les jardins attenants à la catédral ne gâche rien. Pour retrouver une émotion assez proche il faut aller comparer Sainte Sophie la catholique et la Mosquée Bleue la musulmane à Istanbul, a ceci près qu’il n’y a pas compétition pour cette tour mais complémentarité entre deux cultures.
La ville possède par ailleurs de nombreux autres lieux de culte renfermant des richesses aussi incroyables. Leur style super rococo, avec des angelots partout, et autres bondieuseries côtoient des retables sculptés recouverts parfois de feuilles d’or, des peintures qui mettent en scène des moments importants de la vie du Christ , de la Vierge, des saints, ou qui valorisent des hauts principes moraux… De plus en cette période de préparation de la semaine sainte de nombreux paso ont envahi les églises, les Christs et Vierge promis à la balade nocturne vers la catedral, font l’objet de cérémonies très suivies à chaque changement de place ou de vêtement. C’est extrêmement kitsch. Mais nous sommes étonnés par le nombre de participants à l’ensemble de ces manifestations. Ce qui est assez frappant, c’est à la fois cette adhésion forte à la religion très haute en couleurs et le fait que Séville a toujours voté à gauche