La réponse : les confréries. Il y en a plus de 200 à Séville. 59 d’entre elles sortent au moment de la semaine sainte. Les autres dites confréries de Gloire agissent dans l’ombre… Certaines ont plusieurs centaines d’années d’existence. Il y en a dans toute la ville. Elles oeuvrent toute l’année. Celle que nous a fait découvrir Thomas a 5000 membres dont 2000 sortent pendant la semaine sainte. Nous avons visité des locaux neufs, très conséquents et très cossus avec salles de réception , boutique, ateliers pour préparer les pasos et entretenir les trésors en argent ou en or qui sont entreposés dans des belles vitrines en attendant d’être exhibées pendant les festivités. Ces associations d’un genre un peu particulier vivent des cotisations de leurs membres, des dons et des ventes de la boutique. Il y a manifestement des relations fortes et de la solidarité qui lient les adhérents. Thomas , notre guide en cette occasion, était accueilli par tous avec chaleur et les embrassades n’étaient pas feintes. Sa confrérie accueille l’été , entre autres, des enfants victimes de Tchernobil, développe des actions caritatives toute l’année pour les pauvres du quartier et même à l’étranger. D’autres confréries sont spécialisées pour le soutien des malades par exemple
Pendant la semaine sainte, les qui “sortent”, partent de leur quartier, en général depuis une église, avec deux ou trois pasos soutenus par 30 ou 40 porteurs. Un paso peut peser entre 1500 et 2500 kg . Un présente la vierge, l’autre le christ et parfois un saint. Chaque confrérie a sa propre vierge et son propre christ, celle qui pleure ou celui qui expire par exemple. Chaque nuit plusieurs cortèges se rendent à la cathédrale pour être bénis et reviennent en grande cérémonie dans leur lieu d’origine. Chaque paso est précédé de porteurs de croix, de maîtres de cérémonies, d’une palanquée de pénitents cachés derrière de grandes aubes et coiffés de grands masques pointus à la manière du Ku Klux Klan. Cette tenue, comme par hasard était celle des condamnés par l’inquisition de l’affreux Torquemada au XVéme siécle. Des fanfares de 100 musiciens au trompettes stridentes et entêtantes, payées par les confréries accompagnent le défilé. L’église , qui est la seule à délivrer des autorisations aux confréries, les contrôle donc même si ces dernières semblent très jalouses de leur indépendance. C’est un comité de représentants de ces associations qui organise ce grand événement. Ce grand rassemblement ouvert à tous n’a qu’une seule ennemie , la pluie et cette année tant au moment de la préparation que de la mise en oeuvre a perturbée énormément son déroulement .
Lors de notre séjour nous avons pu suivre les préparatifs dans les églises, très fréquentées, dans les rues et les jardins publics en fin d’après midi et le long du Guadalquivir à la nuit tombée.
Après ce grand raout de début avril, les festivités se poursuivent de façon plus prosaïque : la féria et la tauromachie vont battre leur plein