C’est vrai que ce film a donné un tournant à ma vie. Quand je l'ai vu ça a été 2 heures de pur bonheur. Les images, la musique, l'histoire et les personnages m'ont complètement séduit. L’été suivant j'ai travaillé intensément pendant un mois pour acheter mon kit de chasse sous-marine, puis j'ai passé le reste de la saison estivale dans l'eau. Deux ans après je m’inscrivais à la formation d’Agent Polyvalent des Métiers de la Plongée. C'est à partir de ce moment que j'ai découvert le grand bleu de la Mediterranée à la mer des Caraïbes, en passant par le St-Laurent. Je ne me rendais pas compte que petit à petit ce chemin me mènerait dans les bras de Martine. C’est sûr, comment aurais-je pu faire le lien entre ma passion pour la plongée et ce pays où l’eau est de glace la moitié de l’année!? C’est fou comme le destin peut prendre des chemins détournés des fois. Ce que vous savez peut-être moins c’est que depuis ce film ma vie a été ponctuée de rencontres avec des personnages reliés au Grand Bleu. Ça ne pouvait commencer (en 1995) par nul autre que celui qui a inspiré cette histoire, Jacques Mayol, le vrai. Il m’a accosté (pourquoi moi?) à l’aéroport de Turquoise où j’attendais l’arrivée de clients du Club Med. Il m’a demandait si le Club Med trouverait intéressant qu’il vienne parler du film. Ma réponse fut positive, mais malheureusement cela ne s’est pas fait. J’ai appris par la suite que les eaux des îles Turks & Caïcos représentaient son lieu de prédilection pour s’entraîner avec les dauphins.

C’est d’ailleurs Patricia Sims qui me l’a dit. C’est qui elle? C’était une petite minette qui avait été sa copine justement à l’époque de ses entraînements à îles Turks & Caïcos. Je l’ai rencontrée par hasard (un hasard qui fait toujours bien les choses) au bassin du Stade Olympique où j’enseignais la plongée (c'était en 1998 ou 99). Elle était productrice TV et préparait le tournage d’un documentaire sur les bélugas en Arctique. Elle était avec André Turpin pour faire des test avec une caméra sous-marine dans le bassin du Stade. André est un directeur photo québécois que je respecte beaucoup car il est sympa et il a tourné plusieurs films dans l’eau (dont Un crabe dans la tête).

Ensuite j’ai rencontré Christian Petron qui était de passage au Québec pour donner une conférence dans le cadre d’un colloque de plongée (c'était en 2005). C’était un homme accessible, sympathique, nous avons pas mal discuté ensemble jusqu’au moment où j’ai réalisé (et lui ai fait part) qu’il était à l’origine de ma présence au Québec et de ma création d’Aquamedias, car c’est lui qui avait conçu le caisson pour les images sous-marines du Grand Bleu. D’ailleurs depuis c’est lui et son équipe (compagnie Cinemarine www.cinemarine.com) qui tourne la majorité des séquences sous-marines des films français.

Et pour finir, quelle autre rencontre pouvait me combler? Pourquoi pas celle du personnage principal du film, celui qui incarnait Jacques Mayol… Eh oui Jean-Marc Barr, croisé dans l’aéroport Charles-De-Gaulle en attendant mon vol pour retourner au Québec (c'était en 2006 ou 2007). J’ai commencé par lui parler des films qu’il réalisait (suivant les régles de Dogma 5 créées par Lars Von Trier), mais la question qui brûlait mes lèvres… -Et le Grand Bleu, ça a dû être une expérience extraordinaire!? -Ça a été une job! -Oui mais l’apnée, les dauphins…!? -Ça a été une job!

C’est incroyable toutes ces rencontres liées au Grand Bleu, il a fallu que je l’écrive pour me rendre compte comment ce film me colle à la peau depuis toutes ces années (le film est sorti en 1988).

Manoo